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Natchav

Autre

Aux premières lueurs de l’aube, le cirque Natchav arrive en ville. Son convoi de caravanes et de camions s’installe sur la place centrale. Les premiers coups de masse résonnent, et l’on entend le souffle de la grande toile qui se déploie le long des mâts dressés vers le ciel.
Mais les autorités ne l’entendent pas de cette oreille… À peine installé, le chapiteau est sommé de quitter le centre-ville pour un terrain vague excentré. Les circassiens résistent ; suite à une échauffourée, un acrobate est incarcéré pour outrage et rébellion.
Avec cette arrestation, c’est tout un monde qu’on emprisonne. Circassiens et prisonniers se mettent alors en tête de réaliser une évasion spectaculaire…
Natchav, « s’en aller, s’enfuir » en langue romani, relate les aventures d’un cirque qui, pour rester libre, défie toutes les lois, y compris celles de la pesanteur. À la manière d’un film monté en direct, quatre manipulateurs racontent une histoire dont ils dévoilent en même temps les coulisses. À vue et presque sans un mot, ils éclairent différents décors et personnages installés sur des supports mobiles. Prison ou chapiteau, acrobates ou fauves, les ombres sont projetées sur un grand écran panoramique disposé en fond de scène. Par jeux de contraste, les petites marionnettes se transforment en silhouettes immenses ; comme par magie, le minuscule devient grandiose. Que ce soit la prison, pétrie d’opacité et de silence, ou le cirque, espace du spectaculaire et des projecteurs, les deux univers qui inspirent Natchav se prêtent parfaitement à la technique du théâtre d’ombres.
Entre le film d’animation monté en direct et le thriller à suspense en noir et blanc, Natchav croise les codes cinématographiques. Pour soutenir la tension dramatique, deux musiciens polyinstrumentistes passent allègrement de compositions originales à des improvisations ou des bruitages. Bientôt, ils incarnent à eux seuls toute une fanfare : les frontières se brouillent entre le monde des humains et celui des personnages.
Véritable régal pour les yeux, cette troisième création collective de la compagnie Les ombres portées est conçue comme un grand numéro exécuté avec une précision impeccable. Le plaisir s’y confond avec l’effroi, et le rêve n’est jamais très loin du cauchemar.

Prix:

12 € plein tarif. Détails des tarifs sur le site du TNP.

Théâtre National Populaire (TNP) - Petit théâtre

162 rue Louis Becker Villeurbanne, Villeurbanne

Du 9 janvier 2024 au 13 janvier 2024

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