Dans une ferme isolée d’une région retirée d’Australie, mais ce pourrait être les Vosges ou le Nevada, une mère et ses deux filles viennent de mettre fin à leur calvaire en tuant leur mari et père violent. Encombrées d’un corps qu’il faut bien faire disparaître, elles traversent différents états : satisfaction, exaltation puis sidération, culpabilité, peur et enfin libération. Tour à tour protagonistes ou narratrices, les trois femmes prennent en charge le récit de cette comédie noire.
Attentif aux écritures contemporaines, Tommy Milliot met en scène un texte de l’auteur australien Angus Cerini, qui porte un regard sans pitié sur l’impunité des violences domestiques. Dans une langue très rythmée, brutale et concise, les comédiennes déploient un récit aux frontières du conte mythique. Le metteur en scène, artiste résident au CENTQUATRE-PARIS, a choisi un dispositif tri-frontal pour gommer les distances entre elles et le public. Avec un minimum de moyens, il crée un théâtre contemporain accessible, déjà salué par le prix Impatience en 2016 pour Lotissement et le succès de La Brèche en 2020.