Inscriptions sur : www.issy.com/reservation-espaceparent, l'Espace Parent-Enfant vous propose une soirée-débat sur le thème :
Le sport, contrairement aux problématiques du corps, reste un sujet peu exploré dans le champ de la psychologie. Longtemps considéré comme une activité physique pour la jeunesse, il s’inscrit désormais dans les enjeux de massification du sujet : la mondialisation est passée par là, accentuant la diffusion planétaire de manifestations comme les Jeux Olympiques ou le Mondial de football. En quoi cette articulation avec la modernité concerne-t-elle la jeunesse ? Le sport à l’adolescence est-il au service de la répression pulsionnelle source de symptômes ou une voie de sublimation possédant tous les atours d’une activité socialement valorisée ? D’abord, il est fréquent de voir apparaître de jeunes champions dans tous les sports, chacun relevant le record de précocité de tel athlète professionnel de dix-sept ou dix-huit ans, sans avoir a moindre idée des conflits internes qu’implique
cette nouvelle aura narcissique provoquée par une percée médiatique. Du côté du sport amateur, le sport joue un rôle de décharge pulsionnelle
au moment où le corps génital prend forme, au moment où la pulsion menace de déborder les capacités de contenance de l’adolescent, comme
une forme de traitement de l’agressivité. Le sport à l’adolescence est l’occasion d’un investissement du corps au profit de l’élaboration ou l’éclatement des conflits : l’intégration du corps sexué passe par une virilisation des conduites traduisant la pente masculine empruntée par les garçons ; pour eux comme pour les filles, la régulation de l’agressivité implique l’usage d’un langage du corps incluant la hargne, la volonté de gagner, sans oublier la dimension facilitatrice du lien social par l’étayage sur un groupe de reconnaissance partageant un objet et un but communs dans les sports collectifs. Le sport peut décaler un adolescent de sa violence; cette violence devient une mise en acte encadrée par un dispositif sportif
aux effets thérapeutiques potentialisés par un environnement à l’écoute. À l’adolescence, les parents comme les entraineurs orientent alors - ou non - la vie de leur enfant en évitant les récifs de l’abandon ou de l’emprise, entre pression exercée sur l’adolescent et lâcher prise.
Psychologue clinicien, Psychanalyste, Professeur de psychologie clinique et de psychopathologie, Université Paris 13/Sorbonne Paris Cité, Directeur de la Collection « Expériences psychanalytiques » aux Éditions Ithaque et Président du Collège International de L’Adolescence (CILA).
Prix:
60 rue du Général Leclerc, 92130, Issy-les-Moulineaux
19 mars 2024