Sur scène s’avance Laure Mathis, tirant sa remorque, dans la peau d'une certaine Céline. C’est un peu Céline Dion. Mais ce n'est pas du tout elle non plus. C'est un peu une conteuse québécoise dont le verbe chaloupe au-dessus de 100 000 rivières. Mais ce n'est pas seulement ça. Son histoire, entre souvenirs et digressions, racontée avec un humour irrésistible, est celle d’une vie dont la fin est un nécessaire ralentissement, un inévitable retour à la terre.
Juliette Navis signe là le deuxième volet d’une trilogie consacrée à des archétypes de personnages conquérants, qui prennent soudainement un temps d’arrêt pour constater l’engrenage effréné de vitesse et de croissance dans lequel ils se sont empêtrés en obéissant aux obsessions de l’époque. Dans le premier volet, J.C., une figure dérivée de Jean-Claude Van Damme, interrogeait notre rapport à l’argent. Céline, elle, se questionne sur notre refus de la mort.